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Gyps fulvus

Le projet "Vautours"

Gyps fulvus

Ecrit par Aye-Aye environ... dans Bio-Scène le 18 oct 2015

Le Vautour fauve
 

  • Taille : de 95 à 110 cm env. Envergure : de 240 à 270 cm

  • Poids : de 7 à 11 Kg

  • Longévité : jusqu’à 50 ans

Description

En France, c’est l’un des plus grands rapaces. De couleur brun fauve sur le dessus, en vol il se reconnaît facilement à sa très grande taille et à ses ailes longues, larges et arrondies à l’arrière, aux extrémités digitées et relevées vers le haut. Les rémiges et les plumes de la queue, très courte et carrée, sont de couleur brun foncé presque noir. Comme la plupart des vautours, le cou et la tête sont dénudés lui permettant de fouiller dans les carcasses sans se salir les plumes.Son crâne, recouvert d'un duvet blanc est prolongé par un cou étroit et long avec une collerette de plumes blanches hérissées et duveteuses. Son bec clair, de couleur ivoire, est puissant et crochu et ses iris sont orangés.

Juvéniles : Les immatures ont la même silhouette que les adultes mais sont plus foncés. Leurs iris sont marron foncé et leur bec foncé. Les plumes de leur cou sont marron foncé plus ou moins rougeâtre. Il leur faudra quatre années pour obtenir graduellement leur plumage définitif.

Voix : Leur cri est perceptible à de nombreux kilomètres afin d'avertir leurs congénères de la découverte d'une charogne.

Répartition

Il est présent dans des zones essentiellement méditerranéennes, se reproduisant localement dans les Balkans, au sud de l'Ukraine, sur les côtes albanaises et yougoslaves, en Turquie, dans le Caucase, la Sibérie, et jusqu'en Chine occidentale. Il est rare dans le nord de l'Afrique. La principale population européenne est celle de l'Espagne. En France, il a été réintroduit dans les années 1980 dans les Grands Causses en Cévennes et dans les Préalpes dans les années 1990.

Régime alimentaire

Le vautour fauve est un nécrophage strict, c'est à dire qu'il se nourrit exclusivement de cadavres. De part sa morphologie et ses pattes inaptes à la préhension il est incapable de s'attaquer à une proie vivante. Son bec puissant lui permet de déchirer les chairs les plus résistantes. Son odorat est faible mais sa vue exceptionnelle lui permet de détecter les charognes de très haut en vol. Il préfère consommer la chair fraîche mais ne dédaigne pas la chair putréfiée. Du fait de l’extrême acidité de son estomac, il est adapté à digérer, et par là même à éliminer, les diverses toxines et bactéries qui peuvent se développer dans des cadavres. Les carcasses sont intégralement nettoyées, ne restant que les os qui sont alors dévolus aux gypaètes barbus.

Reproduction

Le vautour fauve atteint sa maturité sexuelle à l’âge de 4 ou 5 ans. Il niche en colonies sur les hauteurs des falaises afin de s'élever aisément dans les airs grâce aux ascendances thermiques. Les couples sont souvent unis pour la vie. Le vol nuptial, effectué vers novembre - décembre à proximité des sites de reproduction et des dortoirs, représente une période importante dans la vie du vautour fauve. Le couple vole « en tandem », c’est-à-dire de façon synchrone avec l’un des partenaires légèrement au-dessus de l’autre, le long des parois rocheuses, Les accouplements ont généralement lieu sur le nid ou à proximité de celui-ci, dès le mois de décembre. Le nid est constitué de quelques branches sur des falaises, des parois rocheuses ou dans des cavités. Après l’accouplement, la femelle pond un oeuf blanc unique dans le courant du mois de janvier. L'incubation dure de 48 à 55 jours et l'éclosion a donc lieu entre fin mars et début avril. Le poussin, qui pèse 170 à 210 grammes à sa naissance est nourri par régurgitation et son élevage dure entre 110 et 115 jours. Les deux adultes participent à la construction du nid, à l’incubation et à l’élevage du jeune.

Comportement

Grégaires, les vautours fauves vivent en colonies qu’ils quittent au matin et réintègrent qu'en fin d'après-midi. Lorsqu’il s'envole, il effectue de lents et profonds battements d’ailes où s'engouffre l'air qui va le soulever. L'atterrissage s’effectue avec des mesures d'approche, les ailes freinant efficacement l'impact, les pattes détachées du corps, prêtes à toucher la roche. Incapable de pratiquer le vol battu pendant une longue période, il utilise les courants ascendants thermiques afin de s’élever dans les airs pour planer. En l’air, de part sa morphologie particulièrement adaptée à ce type de vol, il peut planer pendant des heures et parcourir des centaines de kilomètres surveillant le sol, à la recherche de nourriture, mais aussi les autres vautours dont le moindre changement dans le vol peut laisser présager un cadavre d’animal source d’alimentation. Près de la carcasse commence alors la lutte pour la hiérarchie et la domination temporaire des uns sur les autres. Un vautour dominant ouvre en premier le ventre et commence à dévorer les entrailles. Les derniers arrivés sont rejetés par le dominant et répondent en étirant le cou et la tête, hérissant les plumes des épaules et de la collerette, et levant une patte vers le dominant, et parfois, ils sautent vers lui, les ailes ouvertes. Mais le dominant ne peut pas le rester longtemps car il devient vulnérable au moment où il se nourrit. Le corps d'un animal mort est ainsi réduit à l'état de peau et d'os en peu de temps par les vautours. Ceux-ci sortent de cette prise de nourriture la tête, le cou ainsi que la collerette couverts de sang.

Habitat

Il est présent dans des paysages ouverts avec des falaises et des dénivelés importants. Il apprécie également les climats chauds et ensoleillés, aussi l’observe-t-on souvent sur des corniches, des rebords de failles et dans les cavernes des massifs méditerranéens.

Divers

Même encore de nos jours, le vautour fauve est considéré comme un animal du diable, annonceur de la mort... Il est malgré cela désormais extrêmement protégé et objet de programmes réintroductions bien réussies en France. Cependant l'espèce est encore menacée par divers dangers dont les causes sont multiples. D'abord le climat difficile qui est responsable d’un fort taux de mortalité chez les poussins, puis les actuelles mesures sanitaires obligeant à enterrer les animaux morts, privant donc les rapaces de cette possible nourriture, ainsi que les morceaux de viande empoisonnés destinés à d’autres animaux dont ils sont victimes ou encore les lignes électriques où ils risquent de s’électrocuter.

 

 

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Des lectures pour approfondir :
• Bertrand Eliotout : « Le vautour fauve ». Coll. Sentiers du Naturaliste, Delachaux & Niestle, 191 pages, mars 2007, ISBN 2603014366 - 25 €

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